28 mai 2011
Montebourg, à gauche toute
A contre-courant avec le Parti socialiste, le député de Saône-et-Loire entend rassembler toute la gauche.

Le séisme de l'affaire DSK, favori pour battre Nicolas Sarkozy en 2012, rebat les cartes. Une situation paradoxale pour Arnaud Montebourg.
Si la mise hors-jeu du patron du FMI réveille les espoirs des outsiders, Arnaud Montebourg y perd une cible de taille. Partisan de la démondialisation et chantre d'un protectionnisme social et environnemental, le député de Saône-et-Loire n'a en effet jamais caché son hostilité à la sociale-démocratie prônée par DSK.
Contre le parti
Le PS tient samedi après-midi sa grande convention pour adopter son programme, dernière ligne droite consensuelle avant le dépôt des candidatures et l'ouverture de la compétition, Arnaud Montebourg se positionne désormais à contre-courant du parti. Et pour se démarquer de ses rivaux, l'élu de Saône-et-Loire n'y va pas avec le dos de la cuiller.
Solferino ne cesse d'appeler à l'unité en ces temps troublés? L'élu socialiste multiplie les déclarations fracassantes. D'abord muet sur l'affaire DSK, le secrétaire national à la rénovation du PS s'en est vivement pris au système judiciaire américain, donnant selon lui la part belle aux riches. "Si vous avez de l'argent, vous pouvez échapper à Rikers Island, si vous n'en avez pas tant pis pour vous" a-t-il lancé sur BFMtv.
Autre point de désaccord: la candidature de Christine Lagarde à la tête du FMI. Le député s'est farouchement opposé au soutien exprimé par Martine Aubry à la candidature de la ministre de l'Economie et n'a pas manqué de souligné son implication dans l'affaire Tapie.
Surtout, dans un entretien accordé au quotidien Libération, le président du conseil général de Saône-et-Loire s'en est pris à ses rivaux de la primaire PS, Martine Aubry et François Hollande. "J'ai envie de dire que ce sont les mêmes qu'il y a dix ans. Ce sont ceux qui nous ont fait perdre en 2002, qui avaient déjà rédigé le projet à cette époque, qui sont candidats en 2012", lâche-t-il. Une sortie critiquée jusque dans l'entourage du député de Saône-et-Loire.
Rassembleur de la gauche
Favorable à la transformation des systèmes économiques, financiers et politiques, le député socialiste s'est prononcé en faveur d'un projet socialiste "plus audacieux". Arnaud Montebourg milite pour "une mutation écologique", un "capitalisme coopératif" ou encore le passage à la VIème République.
"Arnaud Montebourg ne cherche pas à se distinguer du PS, il affirme ses convictions. C'est le jeu de la primaire", explique l'un de ses proches.
Du coup, Arnaud Montebourg marque des points. Partisan 'une candidature Aubry, Benoît Hamon a ainsi affirmé qu'il approuvait certaines positions revendiquées par Arnaud Montebourg, comme la restriction du libre échange. "La preuve que toutes les voix peuvent se faire entendre, en marge de celles de la direction du parti", selon Razzy Hammadi, secrétaire national, secrétaire national aux Services publics.
A défaut de rassembler son parti, le député socialiste balaye les critiques qui le disent "isolé" et se veut rassembleur de la gauche. Le candidat à la primaire avait déjà marqué son virage à gauche aux dernières élections cantonales en soutenant des candidats du Front de Gauche. "Jean-Luc Mélenchon a reconnu, dans mon projet, certaines de ses propositions, il n'est pas le seul. Nicolas Hulot a déclaré que j'étais le "meilleur candidat écologiste" du Parti socialiste; Jean-Pierre Chevènement a déclaré qu'il voterait pour moi s'il était votant à la primaire socialiste; Christiane Taubira a rejoint ma campagne", assure-t-il.
Critique, Arnaud Montebourg l'est aussi avec les médias qui, selon lui, ne prennent pas assez en considération sa candidature. "Un problème et un combat de chaque instant pour mon équipe", confie-t-il.
26 mai 2011
Comme Royal en 2006, Hollande face aux éléphants
Le candidat à la primaire a contre lui une grande partie des ténors du PS. Comme Ségolène Royal en 2006...

Alors que le fracas de l'affaire DSK retombe peu à peu, les socialistes reprennent doucement leurs esprits. La candidature de Martine Aubry ne faisant plus guère de doute, la première secrétaire reçoit le soutien de nombreux éléphants du parti, à l'instar de Laurent Fabius, mardi soir sur TF1. De son côté, François Hollande poursuit sa campagne... en marge du parti.
Le député de Corrèze serait-il tenté d'imiter la stratégie de Ségolène Royal en 2006? De prime abord, les conditions diffèrent. A commencer par le mode de désignation, avec la mise en place d'une primaire ouverte. Avec seulement trois candidatures, l'offre était par ailleurs plus resserrée en 2006 alors que la mise hors-jeu de DSK laisse augurer une multiplication des candidats.
Ascension médiatique
Pourtant, le duel Hollande-Aubry n'est pas sans rappeler la situation de Ségolène Royal face à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn il y a cinq ans. En 2006, l'ancienne ministre de l'environnement, qui n'était alors pas une personnalité éminente du PS, avait construit son ascension sur sa popularité auprès des militants et sympathisants PS et dans les sondages.
"En 2006, les éléphants du PS étaient mal-aimés par l'opinion. Ségolène Royal a joué cette carte en se démarquant des leaders du parti", explique Gael Sliman de l'institut BVA. L'inimitié entre l'ex-candidate et les autres ténors étaient un secret de Polichinelle. "En 2011, François Hollande et Martine Aubry ne s'apprécient pas, mais ils ne l'affichent pas ostensiblement", indique le sondeur.
Désormais favori des sondages pour la primaire ainsi que pour battre Nicolas Sarkozy, François Hollande connait bien les arcanes et la base du PS pour l'avoir dirigé pendant dix ans. Mais pour l'heure, rares sont ses soutiens au sein du parti. François Hollande pourrait toutefois escompter séduire certains élus grâce à ses positions assez souples sur le cumul des mandats.
"Seul contre tous"
En face, l'actuelle première secrétaire a la main sur l'appareil socialiste et enregistre chaque jour de nouveaux ralliements. Nombreux sont les cadres du parti qui vantent son travail au sein du parti.
"En 2006, il y avait un 'Tout sauf Ségolène' mais aucune unité à côté, affirme Gérard Grumberg, politologue spécialiste du Parti socialiste. Pour 2012, la direction du parti va se mobiliser contre François Hollande et il sera vraiment seul contre tous."
Une bataille au-delà du parti
Un front anti-Hollande au sein du PS? Une théorie contestée par Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional de Bretagne, proche de François Hollande. "Les primaires sont ouvertes à tous les sympathisants de la gauche, la bataille se situe au-delà du parti", lâche-t-il.
Et ça, Hollande l'a bien compris. Alors qu'en coulisse certains y vont de leur pronostic et décortiquent les stratégies de ralliement à tel ou untel, Hollande veut que sa voix porte au-delà des murs de Solferino. Un peu comme une certaine Ségolène Royal avait provoqué un afflux de nouvelles adhésions au PS en 2006...
24 mai 2011
Radars: le gouvernement fait marche arrière
La fronde des députés UMP, soucieux de conserver leurs sièges, aura finalement fait céder le gouvernement sur ses nouvelles mesures de sécurité routière.

36 panneaux démontés et c'est tout. Le gouvernement a finalement fait des concessions face à la fronde des députés UMP. Au lendemain de l'envoi d'une lettre salée des députés au Premier ministre pour faire part de la "profonde exaspération" des électeurs suite aux mesures décidée à Matignon, Claude Guéant a trouvé comment satisfaire la majorité.
Un virage à 180° alors que le ministre de l'Intérieur s'était montré clair et ferme lors de la dernière réunion. "Hors de question de revenir sur la suppression des panneaux annonçant la présence de radars automatiques", avait-il lancé aux députés mercredi 18 mai.
"Entière satisfaction"
A l'avenir, "il n'y aura pas un panneau démonté de plus avant concertation locale", a affirmé Claude Guéant lors de la réunion hebdomadaire à huis clos du groupe UMP à l'Assemblée nationale. "Il y aura toujours un radar pédagogique avant un radar fixe mais il y aura aussi des radars pédagogiques qui ne seront pas suivis de radars fixes", a lancé le ministre de l'Intérieur, sous les applaudissements des députés UMP inquiets de l'impopularité de ces mesures à un an des législatives.
Les meneurs de la Droite populaire étaient aux anges. "Les annonces de Claude Guéant nous donnent entière satisfaction. Ces mesures de bon sens correspondent tout à fait à ce que nous demandions", juge Philippe Meunier. "Le gouvernement a fait une erreur qu'il rectifie aujourd'hui grâce à l'intervention des parlementaires", se félicite Christian Vanneste, député du Nord.
Reste que les déclarations de Claude Guéant sont intervenues après le départ du premier ministre de la réunion des députés UMP. Or, François Fillon avait pris soin de rappeler que le gouvernement ne plierait pas. "Tous ceux qui ont des propositions en matière de sécurité routière doivent être entendus. Mais le gouvernement ne reviendra pas sur la fin de la signalisation systématique des radars", a-t-il lancé aux députés.
Il n'y a "aucune divergence" entre François Fillon et Claude Guéant sur la suppression à terme des panneaux, a aussitôt tenu à déclarer l'entourage du ministre de l'Intérieur.
"Le retrait des panneaux se fera dans la concertation", mais ils "seront retirés in fine", a-t-on prévenu de même source.
"Une politique incohérente et hasardeuse"
D'ailleurs, le gouvernement ne compte pour autant pas s'arrêter là. "Il n'est politiquement pas envisageable de repartir à la hausse [des chiffres de la mortalité, ndlr]", rappelle le ministre de l'Intérieur.
Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a par ailleurs annoncé la création d'une mission d'information pour connaître les causes de la hausse de la mortalité sur les routes. Une mission dont les conclusions ne seront connues qu'à l'automne.
Silencieux durant la polémique, le Parti socialiste regrette le message de laxisme adressé en décembre dernier avec l'assouplissement du permis à points. "Le gouvernement mène une politique incohérente et hasardeuse. Incohérente car il a fait voter il y a peu une diminution des sanctions. Hasardeuse parce qu'il n'a pas mesuré, avant de les faire enlever, l'impact des panneaux sur les zones accidentogènes", déplore le député socialiste Alain Vidalies.
Du côté des associations, c'est la déception. "Nous sommes déçus, mais c'était prévisible" affirme la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, qui pointe le manque de réflexion en amont.
Enfin, les automobilistes feraient bien de lever le pied pour l'Ascension et la Pentecôte: le gouvernement a annoncé un renforcement des contrôles de police lors de ces deux week-ends particulièrement meurtriers sur les routes.
23 mai 2011
Sécurité routière: une mesurette pour calmer les députés
Claude Guéant a annoncé le déploiement de "radars pédagogiques". Une mesure dont l'efficacité est contestée, mais dont le gouvernement espère qu'elle calmera les députés de sa majorité.
Les députés UMP sont en colère, très en colère. Mardi dernier, ils l'ont déjà fait savoir à François Fillon lors de la réunion de groupe à l'Assemblée.
L'exécutif a réagi immédiatement. Et jeudi, Claude Guéant les a reçus, faisant passer un simple message: hors de question de revenir sur la suppression des panneaux indiquant la présence de radars automatiques, ni sur l'interdiction des avertisseurs. Mais, le ministre de l'Intérieur a dégainé une autre arme pour tenter de calmer leur colère.
Ce dimanche, au Grand rendez-vous Europe 1-Le Parisien, il annonce ainsi l'installation prochaine d'un millier de "radars pédagogiques". Des appareils préventifs, informant l'automobiliste contrôlé de la vitesse à laquelle il roule, sans verbalisation. "Ils permettront à l'automobiliste de lever le pied", justifie le ministre.
"La profonde exaspération des électeurs"
Après le tour de vis de la semaine passée et les craintes des députés pour leur réélection aux prochaines législatives, Claude Guéant tente ainsi de calmer le jeu. Au ministère, on réfute cette idée. Ces radars ne sont pas une mesurette: "La mise en place de radars pédagogiques avait été envisagée parallèlement aux mesures du comité ministérielle", confie-t-on. Il n'en a été pourtant question qu'après l'annonce du plan choc.
Les acteurs du dossier jugent en tout cas que ce déploiement de radars ne permettra pas de lutter contre la hausse de morts sur la route.
Pour Me Eric de Caumont, avocat spécialiste du droit des automobilistes, cette mesure est "utilisée à des fins d'enfumage de la population et des députés". "Claude Guéant veut détourner l'attention mais ça ne marchera pas", lance-t-il. Une impression partagée par Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière selon qui ces "radars pédagogiques ne modifieront pas le comportement de ceux qui s'estiment au dessus du respect des limitations de vitesse".
73 députés disent leur colère à Fillon
Du côté des associations, on fustige le "déni de réalité" des parlementaires. "Les députés n'ont pas conscience des limites de la pédagogie", affirme Chantal Perrichon qui critique "leur évangélisme permanent pour plaire à un électorat qui ne respecte pas les règles". La présidente de la Ligue contre la violence routière déplore toutefois le manque de concertation et regrette d'avoir été mise "devant le fait accompli".
Cela lui fait au moins un point commun avec les députés frondeurs, qui déplorent le tout répressif impulsé par les associations".
Ces élus n'ont d'ailleurs pas été calmés par la dose de "prévention" injectée par Claude Guéant dans le plan "sécurité routière".
Ce lundi, ils sont 73 députés à avoir co-signé une lettre à François Fillon pour faire part de "la profonde exaspération" exprimée par des "milliers" d'électeurs contre ces nouvelles mesures".
Jacques Myard, député UMP des Yvelines, assure toutefois que le déploiement de ces nouveaux radars annonce "le début du dénouement de la situation". Et se félicite d'avoir avec ses collègues permis le dialogue entre les différents acteurs du conflit. Un dialogue encore complètement heurté.
19 mai 2011
L'UMP cible la jeunesse
A l'instar du Parti socialiste, le parti présidentiel lance l'offensive pour séduire les jeunes.

Alors que le Parti socialiste, et notamment François Hollande, en a fait un des enjeux majeurs de la présidentielle de 2012, l'UMP était jusqu'ici restée muette sur le thème de la jeunesse. Déterminé à conquérir cet électorat, Nicolas Sarkozy s'en était d'ailleurs pris à sa secrétaire d'Etat à la Vie associative et à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, lui reprochant son silence sur le sujet.
Selon un sondage Ipsos réalisé en mars 2007, la gauche est nettement plus ancrée que la droite au sein des jeunes, et tout particulièrement des tout jeunes électeurs. Plus du tiers des 18-21 ans se classe à gauche (35%), seulement 15% se rangent à droite. D'après un cadre du parti majoritaire, les Jeunes Populaires ne seraient plus que 6000 contre 40 000 en 2007. Déjà en campagne pour 2012, l'UMP veut changer la donne et partir à l'assaut de cet électorat qui n'a pas été épargné par la crise.
S'engager pour son pays
Pour alimenter le programme présidentiel, Génération France, le club politique de Jean-François Copé, a pris les devants en organisant mardi "un grand forum sur la jeunesse".
Le secrétaire général de l'UMP y a fait des propositions qu'il souhaite voir intégrées au programme de Nicolas Sarkozy pour 2012. La première d'entre elles: un service civique obligatoire pour de 4 mois pour tous les jeunes entre 18 et 25 ans. L'objectif? Que les jeunes "s'engagent pour les autres et pour leur pays", explique Jean-François Copé.
Concrètement, ce service civique se découperait en deux parties. D'abord, un tronc commun de deux semaines dédié à la citoyenneté et où chaque jeune définira son projet personnel. Puis le service proprement dit. Le tout rémunéré 350 euros net par mois. "Une mesure qui coûterait 1,8 milliard d'euros, sur la base de 3000 euros par jeune pour une classe d'âge de 600 000 personnes", indique Jean-François Copé.
Le député de la Drôme, Hervé Mariton, a lui aussi planché sur "la cible jeune". Un petit-déjeuner était organisé ce jeudi matin par l'association Réforme et Modernité pour présenter une poignée de propositions pour 2012. Au menu: la réforme du statut des stagiaires, l'obligation pour les employeurs de payer des cotisations retraites sur les indemnités de stages, réduire l'écart de rémunération entre les stagiaires et les jeunes diplômés ou encore obliger les entreprises à recruter des stagiaires pour des missions concrètes.
"Nous demandons à la jeunesse de prendre des risques, il est normal que nous en prenions pour elle. Les jeunes incarnent l'avenir", explique Hervé Mariton."
Les jeunes, confiants dans leur avenir
De son côté, François Fillon souhaite tout connaître de cet électorat. Un électorat auquel il est trop souvent accolés des "discours caricaturaux", estime le Premier ministre. Matignon a ainsi chargé l'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, d'analyser la jeunesse et ses aspirations.
Dans une lettre adressée au philosophe, le Premier ministre affirme que si "les jeunes affichent encore souvent un certain pessimisme quant à l'avenir de leur pays et une défiance à l'égard des institutions", ils restent "profondément confiants dans leur avenir individuel et leur réussite personnelle". Luc Ferry rendra un rapport en novembre.
Il reviendra à Bruno Le Maire, chargé de rédiger le programme présidentiel, de faire le tri entre toutes ses propositions pour que Nicolas Sarkozy parvienne cette fois à convaincre la jeunesse.
18 mai 2011
Sécurité routière: la colère des députés UMP
Une centaine de députés de la majorité dénoncent des mesures décidées sans aucune concertation. Et surtout qui froissent leurs électeurs.
Comment des députés UMP ont pu en arriver à qualifier le Premier ministre de "nul"? Pourquoi la majorité parlementaire en est venue mardi à menacer de voter contre un texte du gouvernement?
La scène se déroule mardi matin, salle Colbert, à l'Assemblée nationale. Comme toutes les semaines, le groupe UMP se retrouve, en présence des membres du gouvernement, pour évoquer les futurs textes parlementaires.
Et cette fois-ci, on parle sécurité routière. François Fillon annonce un durcissement des règles: suppression des panneaux prévenant la présence des radars, interdiction de commercialiser et d'utiliser un détecteur de radar, port du gilet jaune pour les conducteurs de deux roues...
L'ambiance devient électrique. Le Premier ministre se fait chahuter, un député claque la porte menaçant de quitter le groupe. "Il n'est pas question de revenir sur ces mesures", lance François Fillon dans le brouhaha.

Ce mercredi, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, répète le message: on maintient le cap. Le sujet est trop important. Il est l'un des combats de la droite depuis 2002, un des chevaux de bataille du ministère de l'Intérieur, quand Nicolas Sarkozy occupait les lieux.
"Une sortie honnorable"
Au lendemain de la réunion agitée dirigée par François Fillon, Claude Guéant a donc repris le dossier en main et s'est coltiné les députés UMP excédés par ces futures mesures. Son message de fermeté n'a pas calmé les adversaires de la loi: "On aurait pu trouver une sortie honorable, mais ça n'a pas été le cas, rien de constructif n'a été dit", regrette ainsi Yves Albarello, député de Seine-et-Marne.
Les adversaires de la loi reprochent au gouvernement un manque de concertation et dénonce, comme Jacques Myard, député des Yvelines, un "manque d'écoute et de réflexion". Un sentiment partagé par Yves Albarello. "Les députés n'ont pas été concertés, il n'y a pas eu de réflexion, c'est une décision arbitraire" lance Yves Albarello pour qui il faut renforcer "la prévention et non la répression".
Surtout, ce qui inquiètent les députés, ce sont les remontées des circonscriptions. Ces mesures ne passent pas auprès de leur électorat. "On est foutus! Vos mesures, c'est une catastrophe électorale. Avec ça, on a perdu les élections", a lâché, au cours de la réunion de groupe, Jean Auclair, député de la Creuse.
"Sauver des vies"
Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, estime de son côté qu'"il y a peut-être quelques réglages à faire", mais que "le gouvernement doit prendre ces mesures, c'est son devoir". "Je suis favorable à ce qu'on aille toujours plus loin en matière de sécurité routière" a-t-il insisté.
Le villepiniste Jean-Pierre Grand se range également de ce côté. "Je suis favorable à ce qu'on aille toujours plus loin en matière de sécurité routière. Il s'agit avant tout de sauver des vies", explique-t-il. Mais cette position reste minoritaire au sein du groupe.
Les députés frondeurs ne comptent pas en rester là. Sur l'initiative d'Yves Albarello, ils adresseront ces prochains jours une lettre à Nicolas Sarkozy, expérant que le chef de l'Etat désavoue le Premier ministre. Autant dire que ce n'est qu'un doux rêve.
Le club DSK croit encore en Strauss-Kahn pour 2012
Le club de soutien pour la candidature du patron du FMI à l'élection présidentielle garde espoir et appelle à modifier le calendrier de la primaire.

Le Club DSK y croit: Dominique Strauss-Kahn n'est pas hors course pour la primaire socialiste. Le Club DSK a réagi, mardi matin, aux déboires du patron du FMI devant quelques journaliste dans un café du centre de Paris, rapporte le JDD.fr
Alors que leur champion vient de passer sa deuxième nuit dans sa cellule de Rikers Island, le fondateur du club, Antonio Duarte estime que les ennuis judiciaire de leur champion ne remet pas en cause ses chances pour entrer dans la course à l'Elysée.
"Nous avons reçu beaucoup de messages de soutiens. DSK n'est pas abandonné et cela nous met du baume au coeur" affirme Gilles Saulière, trésorier du club.
Les membres se sont par ailleurs indignés de la diffusion des images de DSK menotté à sa sortie du commissariat de Harlem. "La présomption d'innocence n'est pas respectée par les médias français", estime Antonio Duarte.
"Déni de réalité"
Antonio Duarde a également lancé un appel à la première secrétaire du Parti socialiste pour reporter les dates du dépôt des candidatures à la primaire, officiellement fixée entre le 28 juin et le 13 juillet. "Si le calendrier ne permet pas à Dominique Strauss-Khan de déposer sa candidature, cela laissera planer le doute d'une désignation d'un candidat par défaut", lance-t-il, allant jusqu'à parler de "déni de réalité" chez les dirigeants socialistes.
Indépendant du Parti socialisté, le Club DSK est principalement composé de citoyens non encartés et de militants socialistes. Il compte près de 2000 adhérents.
13 mai 2011
Borloo, un radical qui hésite
Le congrès extraordinaire du Parti radical sera l'occasion pour Jean-Louis Borloo de clarifier sa position.

Rupture ou simple prise de distance? Le Parti radical annoncera ce weekend à l'occasion du congrès national du PR, s'il quitte ou non le parti présidentiel. Un "grand jour" pour le numéro deux du parti, Laurent Hénart.
Alors que l'étiquette de l'UMP devient de plus en plus lourde à porter, Laurent Hénart a fait savoir ce mercredi que le Parti radical comptait quitter le parti majoritaire. "Lundi, je ne vais pas renvoyer ma carte de l'UMP coupée en deux... Ce week-end, on donne notre préavis", a indiqué le numéro deux du Parti radical devant l'Association des journalistes parlementaires. Pour l'heure, seuls Jean-Louis Borloo et Rama Yade ont coupé les ponts avec l'UMP en ne renouvelant pas leur adhésion. Ils devraient être imités ce week-end par l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, qui a dénoncé une "lepénisation" du parti majoritaire.
"L'étiquette UMP"
"Les radicaux souhaitent cette déclaration d'indépendance. La décision politique sera sans ambiguïté", a confirmé jeudi Jean-Louis Borloo. Tous les radicaux? A écouter Jean Leonetti, la décision ne ferait pas l'unanimité du côté parmi les députés radicaux. Pour l'élu des Alpes-Maritimes, un certain nombre d'entre eux "ne souhaite pas quitter le groupe parlementaire UMP et l'étiquette sous laquelle ils ont été élus" avant 2012. L'UMP n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler aux députés tentés de suivre Borloo le risque de se retrouver face à un candidat investi par l'UMP lors des prochaines législatives.
D'autres se réjouissent. C'est le cas de Dominique Paillé, l'ancien porte-parole de l'UMP, évincé par Jean-François Copé. "Plus personne ne veut de l'étiquette de l'UMP", lance-t-il. La faute, dit-il, aux dérives droitières et aux multiples polémiques lancées par la majorité. "Il est urgent d'élargir le socle pour maintenir une majorité majoritaire", poursuit-il.
Quitter l'UMP soulève néanmoins une question financière. Car si Borloo a claqué la porte au nez du parti présidentiel, il y reste toujours lié financièrement. Associé à l'UMP depuis 2002, le Parti radical a reçu 1 million d'euro du parti majoritaire en 2009, selon le dernier rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Or, le budget global du Parti radical s'élève à 1,3 million d'euros. Quitter l'UMP représente donc un sérieux manque à gagner pour le parti de Borloo. Jean-François Copé peut-il alors faire chanter les radicaux sur ce point là? Réponse du radical Laurent Hénard: "Ca ne servirait pas l'UMP".
Rompre avec 2007
Mais pour Laurent Hénart, l'important n'est pas là. "L'essentiel n'est pas de savoir à quelle date précisément chacun part de l'UMP, mais de savoir si l'un des nôtres est candidat à la présidentielle", a-t-il expliqué.
Si Jean-Louis Borloo hésite encore à se lancer. son bras droit espère que le congrès de samedi et dimanche sera l'occasion d'acter la candidature de leur poulain pour 2012. Selon Laurent Hénart, les propos tenus par l'ancien ministre de l'Ecologie le 7 avril, se disant "prêt" sont la preuve qu'il va se présenter à l'élection présidentielle. Idem pour Dominique Paillé pour qui "les Français veulent des candidats en rupture avec 2007". "Jean-Louis Borloo est un candidat crédible, un représentant du peuple" ajoute-t-il.
Jean Leonetti s'est de son côté dit favorable à une candidature du président du Parti radical si celle-ci "n'est pas un handicap" pour Nicolas Sarkozy. C'est bien ce qui inquiète les dirigeants de la majorité. Jeudi soir, sur TF1, François Fillon a dit "redouter un trop plein de candidatures" en 2012, agitant le spectre d'un "21 avril" pour la droite.
Si Jean-Louis Borloo a été reçu à déjeuner à l'Elysée cette semaine, l'UMP ne retient plus ses coups contre l'ancien ministre de l'Ecologie. Celui qui s'enorgueillit de la réussite du Grenelle de l'Environnement a été séchement taclé par Nathalie Kosciusco-Morizet et les écolos pour avoir accordé en 2010 les permis d'exploration de gaz de schiste. Une erreur que l'intéressé a reconnue. Que Borloo se lance ou pas, la campagne a bel et bien démarré...
DSK attaque France-Soir et met en garde les autres
Les avocats du directeur général du FMI assignent le journal qui affirme qu'il achète des costumes à 35 000 dollars.
DSK dit "stop". Après plus d'une semaine de polémique sur son train de vie, le directeur général du Fonds monétaire international siffle fin de la récréation et attaque le quotidien France-Soir et une de ses journalistes, en justice.
France-Soir affirme en effet ce jeudi que le socialiste s'habille chez un tailleur confectionnant des costumes à 35 000 dollars. Une information que le journal a recueillie en 2010 lors d'une interview du tailleur "Georges de Paris", dans laquelle il affirmait avoir comme clients célèbres le président des Etats-Unis, Barack Obama, ou encore DSK.
"Obligation de réserve"
Les communicants du directeur du FMI ont aussitôt répliqué et publié un démenti dans France-Soir, contestant l'information. "Il s'agit d'une fausse information. Dominique Strauss-Kahn ne connait pas ce tailleur. Il n'y a jamais acheté le moindre centimètre de tissu", peut-on lire.
De son côté, dans une nouvelle interview, le tailleur persiste et signe. "Il s'est fait faire chez moi deux ou trois costumes. C'était l'année passée. Je suis allé dans son bureau à Washington. Sa femme l'a ensuite accompagné au moment des essayages", a-t-il déclaré.
Mais pour Dominique Strauss-Kahn, trop c'est trop. Ses avocats, Jean Veil et Dominique de Leusse, portent plainte. "Tenu par son obligation de réserve à l'égard du FMI, Dominique Strauss-Kahn est dans l'incapacité de répondre lui-même aux attaques dont il est actuellement l'objet", expliquent-ils. "Dominique Strauss-Kahn a cependant chargé ses avocats d'engager sans délai les procédures de nature à réparer le préjudice qu'il subit du fait de campagnes médiatiques destinées à lui nuire", ont-ils poursuivi.
"Un bel exemple de contrevérité"
Alors que les doutes sur la candidature du ténor socialiste à la primaire s'estompent peu à peu, la réaction de DSK et de son entourage est un signal important. Une manière de mettre un terme au buzz et aux rumeurs sur le couple Sinclair-Strauss-Kahn. "On s'en prend plein la gueule depuis dix jours sur une chose méritée (la Porsche, ndlr), explique un des proches du directeur du FMI. Mais il faut arrêter les conneries. 'George de Paris' est un bel exemple de contre-vérité."
Pour l'avocat de Dominique Strauss-Kahn, Me Veil, il ne s'agit nullement d'un signal d'alarme envoyé aux prochains qui s'attaqueraient au train de vie de DSK, juste une assignation pour une information "délibérement fausse et ridicule" témoignant d'"une volonté de nuire".
06 mai 2011
Quatre ans de Sarkozy: pas de fête, mais un bilan
Ce vendredi marque le 4e anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy. Pourtant, pas question pour l'Elysée de célébrer cette date. En revanche, c'est l'occasion de défendre le bilan et d'ouvrir la campagne pour 2012.

Ce vendredi, il n'y aura pas de gâteau avec quatre bougies dessus à l'Elysée. Pourtant, cela fait bien quatre ans que Nicolas Sarkozy a remporté l'élection présidentielle. Plutôt que de se concentrer sur le passé, le chef de l'Etat est entièrement tourné vers l'avenir ... et sa réélection.
Première étape: convaincre les Français que le sarkozysme a fait avancer la France. Cela passe par une défense du bilan. Nicolas Sarkozy a confié cette tâche à l'UMP et à son leader, Jean-François Copé, d'un côté. Et à François Fillon de l'autre.
Tour de France
Les deux hommes ont donc enterré la hache de guerre, et déjeuneront ensemble dans un restaurant parisien.
Un déjeûner rapide, car ensuite Jean-François Copé se rendra dans sa circonscription de Meaux pour défendre le bilan de Nicolas Sarkozy. Dans les semaines suivantes, il effectuera un tour de France et animera d'ici la mi-juillet une vingtaine de réunions publiques et conventions consacrées au bilan des "quatre ans d'actions" de l'Elysée. C'est une séquence "très largement dédiée à une campagne d'explication", explique le secrétaire général de l'UMP.
Aller sur le terrain. Le mot a également été soufflé au Premier ministre, jusqu'alors accusé de rester trop en retrait. Il animait ce jeudi un séminaire gouvernemental suivi d'une conférence de presse, durant laquelle il a "dressé un bilan des quatre ans d'action et tracé les lignes de force pour l'année qui vient". Il ira également louer ce bilan à Toul avec Nadine Morano ce vendredi. Son agenda est rempli jusqu'à la fin du mois, à raison de deux déplacements par semaine.
Rallier de nouveaux militants
Tous les cadres du parti présidentiel sont par ailleurs réquisitionnés. Il faut défendre le bilan aux quatre coins de la France.
Dans les fédérations, ce sont principalement les Jeunes populaires, qui endosseront cette mission. Ils devraient recevoir la visite des députés du coin, voire de certains ministres.
Les jeunes UMP espèrent par ailleurs profiter de l'événement pour attirer de nouveaux militants dans l'optique de la campagne de 2012.
Pas sûr que le plan fonctionne à merveille. Dans les fédérations, le 6 mai devrait être célébré dans une grande discrétion.
Cet anniversaire est d'ailleurs placé sous le signe de la sobriété. Au programme: matinées de tractage, portes ouvertes, brunch et réunions publiques.
L'UMP organise également une journée portes ouvertes vendredi au siège de l'UMP, rue de la Boétie et lance un numéro spécial de son magazine l'Union, avec un éditorial du secrétaire général vantant les "quatre ans d'action" de l'exécutif. On est loin des fastes de la salle Gaveau ou de la Concorde...

